Sécurité, vitalité économique et management des équipes
Le terme Intelligence Economique, à la mode depuis plusieurs années, et qui tend à s’installer dans l’ensemble des grandes entreprises, n’a plus à montrer sa valeur ajoutée pour les grands décideurs.
Cependant, malgré une volonté réelle de l’installer au sein de toutes les strates de l’entreprise, plusieurs freins peuvent limiter ce déploiement. Même si l’ensemble des salariés ont généralement conscience du but de ce mode de management de l’information, incluant la recherche, l’analyse, le traitement, la diffusion et la protection des informations stratégiques, dans les faits, plus l’entreprise est grande, plus il est difficile de former et d’impliquer l’ensemble des parties prenantes, mais aussi de leur mettre à disposition des outils de knowledge management efficaces.
D’une part, remporter l’adhésion de chacun n’est pas toujours facile, et d’autre part, effet inverse, trop d’informations tue l’information.
Le challenge est donc d’arriver à montrer à tous ces salariés comment exploiter au mieux l’information environnante : détecter et remonter l’information à valeur ajoutée, de même que maitriser tous les signaux qui émanent de l’entreprise et qui pourraient servir un adversaire…
Je citerai 3 exemples concrets ayant démontré leur impact en terme de prise de conscience et de changement de comportement dans les entreprises dans lesquelles je suis intervenu :
- Le rapport d’étonnement, ou ce challenge récurrent qui doit s’inscrire non pas dans les objectifs des salariés, mais dans leur logique d’écoute et d’imagination. En déplacement, dans des salons professionnels, ou même en congés, il s’agit de challenger les hommes à revenir avec une ou deux idées concrètes … et inutile de limiter leur champs d’écoute, c’est tout le potentiel imaginatif qui doit être stimulé : best-practices de concurrents, idées novatrice puisées dans d’autres environnements, relatives au management, aux produits, aux services, à la R&D, à l’éthique, à la stratégie,…
- Directement liée à cette logique, la boite à idées. Sur l’intranet ou à côté de la machine à café, il s’agit ici aussi de stimuler les hommes, de leur donner la capacité de remonter tout type d’information. Le retour de la Direction est bien entendu indispensable.
- Enfin, et c’est sans doute la pierre angulaire, sensibiliser chacun des acteurs, à tous les niveaux, au mode opératoire de l’attaquant en matière de quête et de vol d’information, et ce à double titre.
Il s’agit bien entendu de sensibiliser les employés aux risques, comme les approches par social engineering, les risques liés aux lieux publics (où « public » n’est pas synonyme « d’anonymat », ie les conversations téléphoniques, travailler dans un train ou dans un avion sur ses dossiers sensibles, …), mais aussi à tous les signaux faibles émanant des discussions avec ses partenaires, sur les salons, sur les forums de discussion et réseaux sociaux, pouvant donner quelques indices tangibles sur les projets en cours.
Une fois ces salariés sensibilisés, ils seront donc à même de détecter les approches malveillantes, mais eux aussi capables d’être attentifs et à l’affut de tous signaux émanant directement ou indirectement de leur environnement, car sensibilisés sur la valeur de ces signaux…
Il s’agit ici de quelques pistes, directement liées à la politique managériale de l’entreprise, et qui doivent être soutenues à tous les niveaux pour donner ses effets. Et rien ne saurait donner de réels résultats sans la prise en compte de l’aspect motivationnel des salariés, de leur implication et d’un certain esprit de corps à créer et entretenir dans son entreprise.



















